Pantoums 2020-04-07T22:09:28+00:00

PANTOUMS!

La poésie en temps de pandémie ? Pan ! Elle vise le cœur, y parvient sûrement. Panégyrique, pourquoi pas ? Ici pas de panorama – mais l’espoir de donner forme à l’informe, visage à l’invisible. Soif pantagruélique de sens ! Partageons, partageons… Pas de pangolin, non, assez ! mais des pancartes et autres supports avec des signes tracés – des mots, oui – plus loin essaimés. Ce n’est pas la panacée, mais qui veut dans sa panoplie d’exercices casaniers, hors de cette panade, faire chauffer plume et clavier, peut dans le pantoum se lancer ! Oui, le pantoum ! C’est une forme fixe, poétique, dont le nom vient du malais (comme celui du pangolin ; la boucle est bouclée) à faire vivre et puis pan ! voyager sur la toile, par poste, comme vous voulez, pour atteindre les têtes et les cœurs pantelants ! Pantoums plutôt que pandémie dans les poumons ! Respirez donc la poésie, inspirez à fond, de l’air confiné peut-être, mais en constante réinvention. Pas de panique, donc, mais de la concentration – sur ce que l’on pense et ressent, à quoi l’on peut donner forme et offrir en butin à l’humanité. Non pour le panthéon, mais l’ici maintenant, ensemble, avec panache et sous le charme de la poésie en partage.

 

Pantoum, sobre définition :

  • Suite de quatrains à forme fixe (octosyllabes ou décasyllabes à rimes croisées), dont le nombre est illimité mais doit être supérieur à six ;
  • Les deuxième et quatrième vers de chaque strophe sont repris pour les premier et troisième vers de la suivante ;
  • Le dernier vers du poème reprend le premier ;
  • Les thèmes développés alternent les préoccupations intérieures et extérieures…

 

A vous de jouer !

Vos pantoums, envoyés par le formulaire de contact de mon site, seront ajoutés ci-dessous, numérotés, par ordre d’arrivée.

A ce jour, merci à Walter Rosselli, Florence Panza, Orélie Fuchs, Sabine Dormond, Gilles F. Jobin, Tessa Panza, Mélisende Navarre, Loïc Degen, Nicolette Ostrini, Gerold Ehrsam, Remy Degen, Manuela Gay-Crosier, Patrice Duret, Bruno Baschung, Alexandre Wälti, Denise Mützenberg et Isabelle Rérat pour leurs pantoums!

Les pantoums écrits par des enfants sont alignés à gauche.

Les pantoums sont bienvenus dans toutes les langues (pour l’instant, principalement en français mais aussi en allemand et en indonésien)!

 

Pantoum / 58

 

Regardez, ce soir, la lune est super

Tendez le cou et cherchez la des yeux

Pour certaines, certains, la dernière

A vos jumelles, vous : les bienheureux

 

Tendez le cou et cherchez la des yeux

Faites pareil avec les souvenirs

A vos jumelles, vous : les bienheureux

Ce qui pourrait rendre le sourire

 

Faites pareil avec les souvenirs

Ah oui, c’est vrai, nous avions des projets !

Ce qui pourrait rendre le sourire

Nous fourmillions comme des farfadets !

 

Ah oui, c’est vrai, nous avions des projets !

Génération préservée des douleurs

Nous fourmillions comme des farfadets !

Spécialisés en désastre intérieur

 

Génération préservée des douleurs

Certains, certaines, s’estimaient choyés

Spécialisés en désastre intérieur

Enfants gâtés du rock’n’roll, oh yeah !

 

Certains, certaines, s’estimaient choyés

Avant ces moult cratères de poumons

Enfants gâtés du rock’n’roll, oh yeah !

Au bord du ciel nous nous époumonions…

 

Avant ces moult cratères de poumons

Ivres d’insouciances et de sphère

Au bord du ciel nous nous époumonions…

Regardez, ce soir, la lune est super

 

Odile Cornuz / 7.4.20

 

Pantoum / 57

 

Dans le Boléro de Ravel
Quel instrument joue en premier ?
Hautbois, basson ou violoncelle
Il faut savoir bien écouter

Quel instrument joue en premier ?
Si on n’a pas de vidéo
Il faut savoir bien écouter
De préférence en stéréo

Si on n’a pas de vidéo
On peut appeler un ami
De préférence en stéréo
Ce devoir il le fait aussi

On peut appeler un ami
Même si on est à la maison
Ce devoir il le fait aussi
Pas tout seul face à ces questions

Même si on est à la maison
Les copains ne sont pas très loin
Pas tout seul face à ces questions
En contact par tous les moyens

Les copains ne sont pas très loin
WhatsApp, Skype ou téléphone
En contact par tous les moyens
Sur ordi ou par iPhone

WhatsApp, Skype ou téléphone
Par ici toutes les bonnes nouvelles
Sur ordi ou par iPhone
Le jeu en vaut la chandelle

Par ici les bonnes nouvelles
Tous les échos sont bienvenus
Le jeu en vaut la chandelle
Dans le boléro de Ravel

 

Isabelle Rérat / 7.4.20

Pantoum / 56

Un milan dans les airs
Regarde bien petit
Des pissenlits par terre
La bise qui fraîchit

Regarde bien petit
Brel le disait déjà
La bise qui fraîchit
Mais qui viendrait par là

Brel le disait déjà
Entre ciel et moulin
Mais qui viendrait par là
Aujourd’hui pas certain

Entre ciel et moulin
Les forêts et les champs
Aujourd’hui pas certain
Ni homme ni du vent

Les forêts et les champs
Ça bruit ça tremble un peu
Ni homme ni du vent
On n’en croit pas ses yeux

Ça bruit ça tremble un peu
Non ce n’est pas la pluie
On n’en croit pas ses yeux
Regarde bien petit

Non ce n’est pas la pluie
Soudain l’hélicoptère
Regarde bien petit
Un milan dans les airs

 

Gilles F. Jobin / 7.4.20

 

Pantoum / 55

 

Ce matin un paquet dans la boîte

Morceau de joie dans la tasse printemps

Offre de ne pas se tenir coite

Bonheur de compter parmi les vivants

 

Morceau de joie dans la tasse printemps

Qui sucre un breuvage parfois amer

Bonheur de compter parmi les vivants

Faire comme si on voyait la mer

 

Qui sucre un breuvage parfois amer

Les nouvelles s’accumulent – fatras

Faire comme si on voyait la mer

Ne plus se croire faits comme des rats

 

Les nouvelles s’accumulent – fatras

Un baiser doux dissipe la douleur

Ne plus se croire faits comme des rats

Une caresse pour sécher les pleurs ?

 

Un baiser doux dissipe la douleur

Aux poumons insufflerait-il de l’air ?

Une caresse pour sécher les pleurs ?

Pour apaiser des corps la colère ?

 

Aux poumons insufflerait-il de l’air ?

Le vent fait tourner des pages non lues

Pour apaiser des corps la colère

A votre santé, tous verres non bus !

 

Le vent fait tourner des pages non lues

Je reçois mon privilège en ouate

A votre santé, tous verres non bus !

Ce matin un paquet dans la boîte

 

Odile Cornuz / 6.4.20

 

Pantoum / 54

 

Porter un masque, chacun le faisait ?

Qui amenait des vivres aux plus vieux ?

Entre vous, qui était testé, en fait ?

Et les malades, étaient-ils nombreux ?

 

Qui amenait des vivres aux plus vieux ?

Croyiez-vous que le monde changerait ?

Et les malades, étaient-ils nombreux ?

Et chaque jour, les morts, on les comptait ?

 

Croyiez-vous que le monde changerait ?

Le siècle alors était à ses débuts…

Et chaque jour, les morts, on les comptait ?

Aviez-vous des réflexes de tribu ?

 

Le siècle alors était à ses débuts…

Diront-ils en deux-mille-quatre-vingts

Aviez-vous des réflexes de tribu ?

A manger certains n’avaient plus de pain…

 

Diront-ils en deux-mille-quatre-vingts

Quand les enfants seront devenus vieux

A manger certains n’avaient plus de pain…

Qu’est-ce qui alors vous rendaient heureux ?

 

Quand les enfants seront devenus vieux

Les petits jeunes leurs demanderont

Qu’est-ce qui alors vous rendaient heureux ?

Et leurs grands yeux ils écarquilleront

 

Les petits jeunes leur demanderont

Sur les poumons, ça avait quels effets ?

Et leurs grands yeux ils écarquilleront

Porter un masque, chacun le faisait ?

 

Odile Cornuz / 5.4.20

 

Pantoum / 53

 

En un temps de plume et de plomb
Tu me lisais “Les Malfilâtres”
Roman de Catherine Colomb
Je répliquais… comme au théâtre!

Tu me lisais “Les Malfilâtres”
On riait dans le téléphone
Je répliquais… comme au théâtre!
Ça grattait, sacré gramophone…

On riait dans le téléphone
Je t’écoutais sur mon balcon
Ça grattait, sacré gramophone…
C’était trop fou ce monde abscons

Je t’écoutais sur mon balcon
La radio crachait ses nouvelles
C’était trop fou ce monde abscons
Qui donc tournait la manivelle ?

La radio crachait ses nouvelles
On entendait “Trump” ou “Les Russes”
Qui donc tournait la manivelle ?
Au temps du coronavirus

On entendait “Trump” ou “Les Russes”
On rêvait d’un avenir neuf
Au temps du coronavirus
Âpre temps du covid dix-neuf

On rêvait d’un avenir neuf
Tu me lisais “Les Malfilâtres”
Âpre temps du covid 19
Attente d’un coup de théâtre…

Tu me lisais “Les Malfilâtres”
Demain tout paraissait possible
Attente d’un coup de théâtre
Un pari fou sur l’impossible ?

Demain tout paraissait possible
Finies la misère et la guerre
Un pari fou sur l’impossible ?
Oui, tout en moi murmure:
Espère !

 

Denise Mützenberg / 5.4.20

 

Pantoum / 52

 

On a compris on a le trac

On se replie sous l’édredon

Le tarmac est dans le lac

Le soleil chaud troue le plafond

 

On se replie sous l’édredon

On se rapproche on se confie

Le soleil chaud troue le plafond

Et chaque jour un nouveau cri

 

On se rapproche on se confie

On pense à ce qu’on a oublié

Et chaque jour un nouveau cri

On se redécouvre liés

 

On pense à ce qu’on a oublié

Il doit bien y avoir une brèche

On se redécouvre liés

Sur la copie il, elle, on sèche

 

Il doit bien y avoir une brèche

Un endroit pour s’émanciper

Sur la copie il, elle, on sèche

Au sol un trésor enchâssé

 

Un endroit pour s’émanciper

Sous nos yeux des images se forment

Au sol un trésor enchâssé

Est-ce la vitesse qui nous déforme ?

 

Sous nos yeux des images se forment

Ce n’est plus un jeu c’est un tas

Est-ce la vitesse qui nous déforme ?

Sommes-nous faits comme des rats ?

 

Ce n’est plus un jeu c’est un tas

Tiens je me sens tout patraque

Sommes-nous faits comme des rats ?

On a compris on a le trac

 

Orélie Fuchs / 5.4.20

 

Pantoum / 51

 

Jusqu’à quand ? Nul encore ne le sait

On pense à Pâques, mais aussi plus loin…

La vie ne serait qu’ébauche et essai ?

A quoi ressemblera le mois de juin ?

 

On pense à Pâques, mais aussi plus loin…

Les teindras-tu tout de même, les œufs ?

A quoi ressemblera le mois de juin ?

Leçon d’humilité pour vaniteux…

 

Les teindras-tu tout de même, les œufs ?

Déposer des cadeaux à la porte

Leçon d’humilité pour vaniteux

Espérer que le monde s’en sorte

 

Déposer des cadeaux à la porte

Partager quelques signes colorés

Espérer que le monde s’en sorte

 

Notre humanité, pas trop essorée ?

 

Partager quelques signes colorés

Tenter encore la bienveillance

Notre humanité, pas trop essorée ?

Et que vers l’espoir les cœurs balancent

 

 

Tenter encore la bienveillance

Que les poumons reviennent à l’air pur

Et que l’espoir vers les cœurs balancent

Que le siècle sorte de sa cure

 

Que les poumons reviennent à l’air pur

Que les angoisses changent de couplet

Que le siècle sorte de sa cure

Jusqu’à quand ? Nul encore ne le sait

 

Odile Cornuz / 4.4.20

 

Pantoum / 50

 

Derrière le masque, plus que le regard
Report de notre attention sur les yeux
D’aucuns riants, d’autres sombres et hagards
Chacun tente de vivre de son mieux

Report de notre attention sur les yeux
L’esprit s’échappe et part dans tous les sens
Chacun tente de vivre de son mieux
Est-ce que tout cela aurait donc un sens?

L’esprit s’échappe et part dans tous les sens
Sudokus, mots fléchés et mots croisés
Est-ce que tout cela aurait donc un sens?
Canaliser, diriger ses pensées

Sudokus, mots fléchés et mots croisés
A l’hôpital tout s’organise, intense
Canaliser, diriger ses pensées
La charge pour les soignants est si dense

A l’hôpital tout s’organise, intense
Difficile combat contre le vent
La charge pour les soignants est si dense
Vingt-et-une heures, les applaudissements

Difficile combat contre le vent
Moments de partage et de communion
Vingt-et-une heures, les applaudissements
Voisins, voisines, tous en réunion

Moments de partage et de communion
Mais les yeux tristes de ne pas se voir
Voisins, voisines, tous en réunion
Derrière le masque, plus que le regard

 

Nicolette Ostrini / 4.4.20

 

Pantoum / 49

 

La rue s’étire comme un dimanche

Mais ce n’est qu’un semblant de paresse

Cette langueur s’expose, peu franche

Dans l’air qui s’est tu, circule le stress

 

Mais ce n’est qu’un semblant de paresse

Sur le Net les réunions fleurissent

Dans l’air qui s’est tu, circule le stress

A quelle liberté un tour de vis ?

 

Sur le Net les réunions fleurissent

Le temps déploie d’autres consistances

A quelles libertés un tour de vis ?

Encore un appel à la conscience

 

Le temps déploie d’autres consistances

Résister à l’invite du soleil ?

Encore un appel à la conscience

Se réjouir de futures merveilles…

 

Résister à l’invite du soleil ?

Placer certains coûts dans la balance

Se réjouir de futures merveilles

Rêver, oui, de nos prochaines danses

 

Placer certains coûts dans la balance

La mésange pépie pour les poumons

Rêver, oui, de nos prochaines danses

Inventons avec elle une chanson

 

La mésange pépie pour les poumons

Tous les cœurs – ouf – ne sont pas étanches

Inventons avec elle une chanson

La rue s’étire comme un dimanche

 

Odile Cornuz / 3.4.20

 

Pantoum / 48

 

Crie ! toi ! là-bas ! époumone-toi !
Sors tout ! la rage, la frustration
Décharge ! quitte à casser ton toit
Fissure les murs, libère les sons

Sors tout ! la rage, la frustration
Luminosité de demain
Fissure les murs, libère les sons
Irradie les autres de tes soins

Luminosité de demain
Empoigne un cassotton, fracasse
Irradie les autres, de tes soins
Abîme uniquement une masse

Empoigne un cassotton, fracasse
Tes non-dits, ces cloisons internes
Abîme uniquement une masse
La foule de refoulements ternes

Tes non-dits, ces cloisons internes
Éclaffe-les ! fais grève générale
La foule de refoulements ternes
Tu brilleras en débris d’âmes

Éclaffe-les ! fais grève générale
Gravis la montagne de tes doutes
Tu brilleras en débris d’âmes
Gaffe-toi ! affronte-les sans déroute

Gravis la montagne de tes doutes
Gueule-les au ciel ! recueil d’appels
Gaffe-toi ! affronte-les sans déroute
Vois où les portent les hirondelles

Gueule-les au ciel ! recueil d’appels
Recommence, s’il le faut, aime-toi !
Vois où les portent les hirondelles
Crie ! toi ! là-bas ! époumone-toi !

 

Alexandre Wälti / 3.4.20

 

 

(presque) Pantoum / 47

 

ton paon

monta

mon taon

tua

 

monta

un mât

tua

puma

 

un mât

à Pat

puma

à Nat

 

à Pat

pâton

à Nat

tampon

 

pâton

au pot

tampon

au mot

 

au pot

mon taon

au mot

ton paon

 

Gilles F. Jobin / 3.4.20

 

Pantoum / 46

 

Ceux qui le niaient ont ouvert les yeux

Tactique de l’autruche ? Démodée !

Le virus éclate sous tous les cieux

Pour le genre humain, oui, ça va barder…

 

Tactique de l’autruche ? Démodée !

C’est de nos vies qu’il s’agit avant tout

Pour le genre humain, oui, ça va barder…

Ensemble cherchons de l’espoir, partout !

 

C’est de nos vies qu’il s’agit avant tout

Dépouillons les illusions de grandeur

Ensemble cherchons de l’espoir, partout !

Humons, cueillons peut-être quelques fleurs

 

Dépouillons les illusions de grandeur

Et vous, comment traversez-vous le temps ?

Humons, cueillons peut-être quelques fleurs

Pensons, aimons, toujours et vaillamment

 

Et vous, comment traversez-vous le temps ?

Je me sens poussière sur la brise

Pensons, aimons, toujours et vaillamment

Et sur le réel si peu de prise

 

Je me sens poussière sur la brise

Nos poumons seraient-ils hypnotisés ?

Et sur le réel si peu de prise

Nos vieux codes seraient-ils tous usés ?

 

Nos poumons seraient-ils hypnotisés ?

Comment rassurer des enfants anxieux ?

Nos vieux codes seraient-ils tous usés ?

Ceux qui le niaient ont ouvert les yeux

 

Odile Cornuz / 2.4.20

 

Pantoum / 45

 

Qui ne s’est pas senti tout étourdi

Après une course poursuite débridée

Sidéré, vidé et alors conquis

Affaibli, hébété, rêves dominés

 

Après une course poursuite débridée

J’aurais tant aimé trouver une bouche

Affaibli, hébété, rêves dominés

Un langage neuf, liberté d’oiseau-mouche

 

J’aurais tant aimé trouver une bouche

Je l’aurais regardée, embrassée

Un langage neuf, liberté d’oiseau-mouche

J’aurais su la dessiner la partager

 

Je l’aurais regardée, embrassée

Roulée dans un parterre de fleurs

J’aurais su la dessiner la partager

Touché qui sait par un peu de bonheur

 

Roulée dans un parterre de fleurs

La respiration accordée au vent

Touché qui sait par un peu de bonheur

Mon intimité pleine de rêves d’enfant

 

La respiration accordée au vent

Cœur, poitrine, jambes et yeux ouverts

Mon intimité pleine de rêves d’enfant

Heures pacifiées par une commune galère

 

Cœur, poitrine, jambes et yeux ouverts

La ville en suspension, corps souverains

Heures pacifiées par une commune galère

Le temps est mutin, les matins humains

 

La ville en suspension, corps souverains

Dans la tourmente les compteurs affaiblis

Le temps est mutin, les matins humains

Qui ne s’est pas senti tout étourdi

 

Orélie Fuchs / 2.4.20

 

Pantoum / 44

 

L’intrus viral n’a rien d’interlope

Pensons-y en allumant des bougies

En sont morts trois enfants de l’Europe

Contre lui secouons nos énergies

 

Pensons-y en allumant des bougies

Trouvons du réconfort à l’intérieur

Contre lui secouons nos énergies

Peignons le présent de toutes couleurs

 

Trouvons du réconfort à l’intérieur

Observons le renouveau des pousses

Peignons le présent de toutes couleurs

Ré-enchantons ce monde qui tousse

 

Observons le renouveau des pousses

Pour s’absorber dans de l’inactuel

Ré-enchantons ce monde qui tousse

Et que cessent les vieilles querelles

 

Pour s’absorber dans de l’inactuel

De l’humain en somme, sans conditions

Et que cessent les vieilles querelles

Ouvrons de même poumons et prisons

 

De l’humain en somme, sans conditions

Ne lâchons rien de ce qui fait vibrer

Ouvrons de même poumons et prisons

Préparons-nous, ma foi, dans la durée

 

Ne lâchons rien de ce qui fait vibrer

Sautons toutes dans l’inconnu – et hop !

Préparons-nous, ma foi, dans la durée

L’intrus viral n’a rien d’interlope

 

Odile Cornuz / 1.4.20

 

Pantoum / 43

 

Pourquoi avoir peur de nos ombres ?

Pourquoi nous suivent-elles sans voir ?

Pourquoi rester seul dans nos chambres ?

Pourquoi ne pas choisir l’espoir ?

 

Pourquoi nous suivent-elles sans voir ?

D’où nous viennent nos vraies phobies

Pourquoi ne pas choisir l’espoir ?

Où se créent toutes nos envies ?

 

D’où nous viennent nos vraies phobies

Qui sait ce que demain sera ?

Où se créent toutes nos envies ?

Comment tout cela finira ?

 

Qui sait ce que demain sera ?

Pourquoi d’ailleurs vouloir savoir ?

Comment tout cela finira ?

Aurions-nous perdu le pouvoir ?

 

Pourquoi d’ailleurs vouloir savoir ?

Peut-on chasser toutes les pluies ?

Aurions-nous perdu le pouvoir ?

Pourquoi ne pas aimer la vie ?

 

Peut-on chasser toutes les pluies ?

Nos peurs vont nous gâcher nos pleurs ?

Pourquoi ne pas aimer la vie ?

Comment retrouver l’âme sœur ?

 

Nos peurs vont nous gâcher nos pleurs ?

Allons-nous tous vraiment survivre ?

Comment retrouver l’âme sœur ?

La liberté peut-elle nous suivre ?

 

Allons-nous tous vraiment survivre ?

Pourquoi tout devient-il si sombre ?

La liberté peut-elle nous suivre ?

Pourquoi avoir peur de nos ombres ?

 

Remy Degen / 1.4.20

 

Pantoum / 42

 

Planète anesthésiée, le calme s’est échu

Tant de biens superflus, folle fuite en avant

L’oiseau s’est pris le temps, son vol s’est suspendu

Edens artificiels, que de moulins à vent

 

Tant de biens superflus, folle fuite en avant

Impalpable tourment, filandreuse anxiété

Edens artificiels, que de moulins à vent

Insidieuse toile, remugles enfiévrés

 

Impalpable tourment, filandreuse anxiété

Croissance, absurde opium, niaise pensée unique

Insidieuse toile, remugles enfiévrés

Trépas solitaires, requêtes théurgiques

 

Croissance, absurde opium, niaise pensée unique

Nature maltraitée, martyr des doigts crochus

Trépas solitaires, requêtes théurgiques

Planète anesthésiée, le calme s’est échu

 

Bruno Baschung / 1.4.20

 

Pantoum / 41

 

Qui demain inventera des blagues ?

Quels seront les dindons de la farce ?

Les poumons souffriront-ils de jetlag ?

Ce virus aura donc des comparses ?

 

Quels seront les dindons de la farce ?

Oui, le rire c’est bon pour la santé

Ce virus aura donc des comparses ?

Un clown triste l’a dit à la télé

 

Oui, le rire c’est bon pour la santé

On s’invente un fitness de cuisine

Un clown triste l’a dit à la télé

Certains responsables se débinent

 

On s’invente un fitness de cuisine

Les fleurs éclosent comme du popcorn

Certains responsables se débinent

Seraient tentés par le revenge porn

 

Les fleurs éclosent comme du popcorn

Chacun chez soi, mode troglodytes

Seraient tentés par le revenge porn

Ils ne perdent pas leur sang-froid, dites !

 

Chacun chez soi, mode troglodytes

Certains Boris et Donald en vrille !

Ils ne perdent pas leur sang-froid, dites !

Comme ils déroulent toutes conneries…

 

Certains Boris et Donald en vrille !

Quelle vague ? Où ça une vague ?

Comme ils déroulent toutes conneries…

Qui demain inventera des blagues ?

 

Odile Cornuz / 31.3.20

 

Pantoum / 40

 

Elles sont si belles les primevères

et les anémones, les hépatiques

et les tussilages dans les jachères

et toutes ces violettes – magnifiques

 

Et les anémones, les hépatiques

les replats ombragés à corydale

et toutes ces violettes – magnifiques

et les prés asséchés à polygale

 

Les replats ombragés à corydale

un autre printemps reviendra, au moins

et les prés asséchés à polygale

nous vous longerons la main dans la main

 

Un autre printemps reviendra, au moins

vous allez refleurir dans une année

nous vous longerons la main dans la main

les prés aux primevères élevées

 

Vous allez refleurir dans une année

pervenche, narcisse, scille, sylvie

les prés aux primevères élevées

messagères du retour de la vie

 

Pervenche, narcisse, scille, sylvie

hépatique, pulsatille et ficaire

messagères du retour de la vie

elles sont si belles les primevères

 

Walter Rosselli / 31.3.20

 

Pantoum / 39

 

L’été se profile sans examens

Trotte sur le cadran la trotteuse

Tout le genre humain se lave les mains

Les heures se ressemblent, taiseuses

 

Trotte sur le cadran la trotteuse

Face à face, on pique un tel fou rire

Les heures se ressemblent, taiseuses

On n’est pas des statues de cire

 

Face à face, on pique un tel fou rire

A cause d’une miette au bout d’un doigt

On n’est pas des statues de cire

De cela aussi on s’en souviendra

 

A cause d’une miette au bout d’un doigt

Même la radio a cru s’étouffer

De cela aussi on s’en souviendra

Quand on prendra l’air à grandes bouffées

 

Même la radio a cru s’étouffer

Juste après le compte des morts du jour

Quand on prendra l’air à grandes bouffées

Avec une foule de gens autour

 

Juste après le compte des morts du jour

On a dessiné des poumons encor

Avec une foule de gens autour

Armons donc de courage tous les corps

 

On a dessiné des poumons encor

Voyez les, là, ils sont libres et sains

Armons de courage tous les corps

L’été se profile sans examens

 

Odile Cornuz / 30.3.20

 

Pantoum / 38

 

Hier j’ai pris congé, c’était dimanche
Fermé la télé, bouclé la radio
Du balai même pas touché le manche
Personne n’est venu dîner, c’est idiot

Fermé la télé, bouclé la radio
Passé beaucoup de temps à mes fourneaux
Personne n’est venu dîner, c’est idiot
Fait un repas même pas d’un bon niveau

Passé beaucoup de temps à mes fourneaux
De mon balcon saluer ma voisine
Fait un repas même pas d’un bon niveau
Toujours un gentil mot, une belle mine

De mon balcon saluer ma voisine
Prendre l’air, écouter le silence
Toujours un gentil mot, une belle mine
Seuls des oiseaux légers, un air dense

Prendre l’air, écouter le silence
Silence lourd, chargé d’un sacré poids
Seuls des oiseaux légers, un air dense
S’évader dans un polar suédois

Silence lourd, chargé d’un sacré poids
Plein de pensées pour ceux qui cherchent l’air
S’évader dans un polar suédois
Mon grand espace ressemble à un désert

Plein de pensées pour ceux qui cherchent l’air
Demain on retroussera nos manches
Mon grand espace ressemble à un désert
Hier j’ai pris congé, c’était dimanche

 

Nicolette Ostrini / 30.3.20

 

Pantoum / 37

 

Bulan purnama sinari bumi
Pasang naik, surutnya laut
Kaya sapuannya bidadari?
Dunia kita diancam maut

Pasang naik, pasang surutnya laut
Angin meniup dari timur,
Dunia kita diancam maut,
Pulau kecil ini menganjur

Angin meniup dari timur
Seekor penyu merapat
Pulau kecil ini menganjur
Malam, kulitnya berkilat

Seekor penyu merapat
Dari jauh Beliau datang
Malam, kulitnya berkilat
Tiap tahun Dia pulang

Dari jauh Beliau datang
Lawan arus dan ombak
Tiap tahun Dia pulang
Di pantai kecil Dia naik

Lawan arus dan ombak
Jalan zigzag antara sampah,
Di pantai kecil Dia naik,
Terkandas seperti wabah

Jalan zigzag antara sampah
Sang penyu gali lobang,
Terkandas seperti wabah
Banyak plastik menghalang

Sang penyu gali lobang
Pakai sayap untuk pangkur,
Banyak plastik menghalang,
Gali, gali dan bertelur

Gali, gali dan bertelur
Di pasir, ada yang jaga,
Pakai sayap untuk pangkur,
Burung, tapi kucing juga

Di pasir, ada yang jaga
Seperti hama, siap hancur
Burung, tapi kucing juga
Yang keluar dari telur

Seperti hama, siap hancur,
Si kucing menjadi kuman,
Yang keluar dari telur,
Dibawa manusia, bukan?

Si kucing menjadi kuman,
Ke laut Sang penyu kembali,
Dibawa manusia, bukan?
Dari bahaya coba menjauhi

Ke laut Sang penyu kembali,
Beliau turun, meluncur
Dari bahaya coba menjauhi
Laut Banda menjadi kubur?

Beliau turun, meluncur
Cium buih, masuk air
Laut Banda menjadi kubur?
Permukaan laut mengukir

Cium buih, masuk air
Berenang, terbang, pergi
Permukaan laut mengukir,
Bulan purnama sinari bumi

 

Loïc Degen / 30.3.20

 

Pantoum / 36

 

der kirschbaum blüht aus vollem hals

die biene hat heut ziemlich kalt

die fahrt sie bleibt ein traum nach mals

nicht aus dem haus ich bin zu alt

 

die biene hat heut ziemlich kalt

coronavirus vor der tür

nicht aus dem haus ich bin zu alt

ich frag mich was kann ich dafür

 

coronavirus vor der tür

ich schliesse mich zuhause ein

ich frag mich was kann ich dafür

und schenke mir den wein allein

 

ich schliesse mich zuhause ein

ich bin schon lange nicht mehr froh

und schenke mir den wein allein

ich kann nicht mal mehr in den zoo

 

ich bin schon lange nicht mehr froh

das zelt ist gross vom zirkus knie

ich kann nicht mal mehr in den zoo

so deprimiert war ich noch nie

 

das zelt ist gross vom zirkus knie

der mensch tagtäglich trinkt kultur

so deprimiert war ich noch nie

wer dreht an meiner lebensuhr

 

der mensch tagtäglich trinkt kultur

die fahrt sie bleibt ein traum nach mals

wer dreht an meiner lebensuhr

der kirschbaum blüht aus vollem hals

 

Gerold Ehrsam / 30.3.20

 

Pantoum / 35

 

Au salon l’enfant joue aux dominos

Des giboulées nous glaceront ce soir

Certaines musclent leurs abdominaux

S’accrochent aux paupières les espoirs

 

Des giboulées nous glaceront ce soir

Combien de temps tout ceci durera ?

S’accrochent aux paupières les espoirs

J’aimerais te serrer entre mes bras

 

Combien de temps tout ceci durera ?

Quels maux encore allons-nous découvrir ?

J’aimerais te serrer entre mes bras

De caresses, de baisers te couvrir

 

Quels maux encore allons-nous découvrir ?

Inventer plutôt une langue à soi

De caresses, de baisers te couvrir

Sans penser que c’est la dernière fois

 

Inventer plutôt une langue à soi

Charmer les poumons comme des serpents

Sans penser que c’est la dernière fois

Faire partout tourbillonner le vent

 

Charmer les poumons comme des serpents

Soutenir en pensées ceux qui soignent

Faire partout tourbillonner le vent

Et zou ! Que le cauchemar s’éloigne

 

Soutenir en pensées ceux qui soignent

Rester chez soi : encore ce motto

Et zou ! Que le cauchemar s’éloigne

Au salon l’enfant joue aux dominos

 

Odile Cornuz / 29.3.20

 

Pantoum / 34

 

Mais à quoi donc sert la forme ?

A pouvoir dire l’expérience ?

Venir à bout d’un vide énorme ?

Et y nommer chaque nuance ?

 

A pouvoir dire l’expérience ?

Où s’arrête l’honnêteté ?

Et y nommer chaque nuance ?

Dans mes cellules calfeutrées ?

 

Où s’arrête l’honnêteté ?

Quand les larmes s’avancent pour dire

Dans mes cellules calfeutrées ?

Parlez plus fort : on doit s’enfuir

 

Quand les larmes s’avancent pour dire

Que nous apporte une rencontre ?

Parlez plus fort : on doit s’enfuir

De quoi va-t-elle à l’encontre ?

 

Que nous apporte une rencontre ?

Dans tout le corps un mégaphone

De quoi va-t-elle à l’encontre ?

Mon système vocal est aphone

 

Dans tout le corps un mégaphone

Contradictions mystérieuses

Mon système vocal est aphone

Quelques minutes malicieuses

 

Contradictions mystérieuses

Est-ce pour oublier la mort ?

Quelques minutes malicieuses

On avait envie d’être dehors

 

Est-ce pour oublier la mort ?

A quand des histoires hors normes ?

On avait envie d’être dehors

Mais à quoi donc sert la forme ?

 

Orélie Fuchs / 29.3.20

 

Pantoum / 33

 

Mais que fait Paul ? Où est Lola ?
Elisa me répondra-t-elle ?
Martin vivrait en Angola
Où sont Malika et Adèle ?

 

Elisa me répondra-t-elle ?
Pas de fièvre m’écrit Lili
Où sont Malika et Adèle ?
Personne n’a revu Ali

 

Pas de fièvre m’écrit Lili
As-tu des nouvelles de Sam ?
Personne n’a revu Ali
Que font Léa, Tommy et Liam ?

 

As-tu des nouvelles de Sam ?
Emilie a travaillé hier
Que font Léa, Tommy et Liam
Emilie qui est infirmière

 

Emilie a travaillé hier
Que vivent Luka et Benoît
Emilie qui est infirmière
Deux jours Marc est resté sans voix

 

Que vivent Luka et Benoît
Et toi et toi comment ça va ?
Deux jours Marc est resté sans voix
Mais où est Paul ? Que fait Lola ?

 

Gilles Jobin / 29.3.20

 

Pantoum / 32

Soixante cinq ans depuis quelques mois
Des gens à risque, moi j’en fais partie
Sans certitudes j’observe pantois
Les dégâts des boules aux crochets serties

 

Des gens à risque, moi j’en fais partie
Le souffle court je voudrais l’éviter
Les dégâts des boules aux crochets serties
Esquiver leur morbide avidité

 

Le souffle court je voudrais l’éviter
A deux s’évader et fuir le quartier
Esquiver leur morbide avidité
Te prendre par la main par un sentier

 

A deux s’évader et fuir le quartier
Enjamber l’herbe saupoudrée de givre
Te prendre par la main par un sentier
Percer la brume pour se sentir vivre

 

Enjamber l’herbe saupoudrée de givre
Fauve galbe évanescent d’un chevreuil
Percer la brume pour se sentir vivre
S’émerveiller de l’envol d’un bouvreuil

 

Fauve galbe évanescent d’un chevreuil
Avec toi fuir les sinistres rumeurs
S’émerveiller de l’envol d’un bouvreuil
Se dérober un instant à la peur

 

Avec toi fuir les sinistres rumeurs
D’un sapin mâchouiller l’âpre bourgeon
Se dérober un instant à la peur
Saisir les bouquets dans mes vieux poumons

 

D’un sapin mâchouiller l’âpre bourgeon
De ces saveurs, vaporeuses effluences
Saisir les bouquets dans mes vieux poumons
Retarder les malsaines turbulences

 

De ces saveurs, vaporeuses  effluences
Percevoir la vigueur de la nature
Retarder les malsaines turbulences
Non au mauvais génie sa signature

 

Percevoir la vigueur de la nature
Puiser sa force dans son lopin
Non au mauvais génie sa signature
Décrocher ses fétides lambrequins

 

Bruno Baschung / 29.3.20

 

Pantoum / 31

 

Printemps pandémique, printemps mousquetaire
L’invasion, l’angoisse, comment conjurer
L’horloge est ternie et chacun se terre
Caverne ou palais – chez soi demeurer

 

L’invasion, l’angoisse, comment conjurer
Le soir aux balcons, regard aux voisins
Caverne ou palais – chez soi demeurer
Fermer restaurants, fermer magasins

 

Le soir aux balcons, regard aux voisins
On applaudira les gestes poignants
Fermer restaurants, fermer magasins
Quand rien ne remplace les soins des soignants

 

On applaudira les gestes poignants
On patiente, on lit, de New York à Naples
Quand rien ne remplace les soins des soignants
On nourrit la toile, de Bonn à Pompaples…

 

Patrice Duret / 29.3.20

 

Pantoum / 30

 

Aujourd’hui les saules pleurent de vert

S’instaurent du neuf et de l’inédit

Fleurissent diverses primevères

Tout ira bien, ma voisine le dit

 

S’instaurent du neuf et de l’inédit

Je détaille la plume d’un cygne

Tout ira bien, ma voisine le dit

Nous voici, traquant le moindre signe

 

Je détaille la plume d’un cygne

Les bus roulent tous comme un dimanche

Nous voici, traquant le moindre signe

Les pinsons pépient sur les branches

 

Les bus roulent tous comme un dimanche

Que dirais-tu de jouer à ce jeu ?

Les pinsons pépient sur les branches

De cette crise quels sont les enjeux ?

 

Que dirais-tu de jouer à ce jeu ?

Qui serait de dire ni oui ni non

De cette crise quels sont les enjeux ?

Envahir de soleil tous les poumons

 

Qui serait de dire ni oui ni non

De garder l’essentiel au ralenti

Envahir de soleil tous les poumons

Inventer d’autres formes pour la vie

 

De garder l’essentiel au ralenti

Et par tous les temps yeux et cœur ouverts

Inventer d’autres formes pour la vie

Aujourd’hui les saules pleurent de vert

 

Odile Cornuz / 28.3.20

 

Pantoum / 29

 

Au magasin, une danse étrange

Nulle farine, plus de levure

On se concentre : qu’est-ce qu’on mange ?

Certains envisagent la biture

 

Nulle farine, plus de levure

Dans l’après-midi le ciel s’est voilé

Certains envisagent la biture

Un whisky coca sur glace pilée

 

Dans l’après-midi le ciel s’est voilé

On dépasse en Suisse les deux cents morts

Un whisky coca sur glace pilée

Y trouverait-on du goût encore ?

 

On dépasse en Suisse les deux cents morts

Jamais livreurs n’étaient si courtisés

Y trouverait-on du goût encore ?

Ces tonnes de denrées, là, empilées

 

Jamais livreurs n’étaient si courtisés

Qui fera donc les récoltes aux champs ?

Ces tonnes de denrées, là, empilées

Pour certains poumons : dépôt de bilan

 

Qui fera donc les récoltes aux champs ?

Voir ce monde ployer n’est pas drôle

Pour certains poumons : dépôt de bilan

Faudra redistribuer les rôles…

 

Voir ce monde ployer n’est pas drôle

Hé ! Le voici bleu comme une orange

Faudra redistribuer les rôles…

Au magasin une danse étrange

 

Odile Cornuz / 27.3.20

 

Pantoum / 28

 

Dans un moulin mes pensées me tourmentent

Dans le chariot à commissions je pleure

Dans mon jardin quelques fruits fermentent

Dans ton corps je connais toutes les fleurs

 

Dans le chariot à commissions je pleure

Je l’entends le chant des oiseaux nains

Dans ton corps je connais toutes les fleurs

Je les entends les cris des petites mains

 

Je l’entends le chant des oiseaux nains

Je pense à toutes les fois où j’ai vécu

Je les entends les cris des petites mains

Tous les bonheurs souriants, imprévus

 

Je pense à toutes les fois où j’ai vécu

Enfants pour qui un parent disparaît

Tous les bonheurs souriants, imprévus

Petites mains que je reconnais

 

Enfants pour qui un parent disparaît

Même s’ils sauront parler aux grenouilles

Petites mains que je reconnais

Dans les nuages toujours leurs yeux fouillent

 

Même s’ils sauront parler aux grenouilles

Tu as deux ans j’envie ta légèreté

Dans les nuages toujours leurs yeux fouillent

Te dire plus tard qu’personne ne l’a sauvé

 

Tu as deux ans j’admire ta légèreté

Sur mon chariot je suis mise à mort

Te dire plus tard qu’personne ne l’a sauvé

Dans tes yeux pourtant c’est fou c’est si fort

 

Sur mon chariot je suis mise à mort

Certains jours je trouve en guise d’obstacle

Dans tes yeux pourtant c’est fou c’est si fort

Ma tête embrouillée mise dans un grand sac

 

Certains jours je trouve en guise d’obstacle

Minutes qui passent minutes qui mentent

Ma tête embrouillée mise dans un grand sac

Dans un moulin mes pensées me tourmentent

 

Orélie Fuchs / 27.3.20

 

Pantoum / 27

 

Laissons voler les oiseaux tout là-haut

Laissons la nature reprendre ses droits

Considérons nos limites et nos défauts

De toute façon avons-nous le choix ?

 

Laissons la nature reprendre ses droits

Face à nous : une grande remise à l’ordre

De toute façon avons-nous le choix

Devant cette bouche prête à nous mordre ?

 

Face à nous : une grande remise à l’ordre

Avons-nous ainsi trouvé nos maîtres ?

Devant cette bouche prête à nous mordre,

Changeons les règles pour un futur bien-être

 

Avons-nous ainsi trouvé nos maîtres ?

Le monde agonisant crie sa détresse

Changeons les règles pour un futur bien-être

Richesses riment désormais avec bassesse

 

Le monde agonisant crie sa détresse

Pollution, dégradations, misère humaine,

Richesses riment désormais avec bassesse

Quête folle signifie quête vaine

 

Pollution, dégradations, misère humaine

Rendons à Mère Nature ce qui est dû

Quête folle signifie quête vaine

Retournons à l’essentiel, sans abus

 

Rendons à Mère Nature ce qui est dû

Que coule à nouveau l’or pur des ruisseaux

Retournons à l’essentiel sans abus

Laissons voler les oiseaux tout là-haut

 

Manuela Gay-Crosier / 27.3.20

 

Pantoum / 26

 

Faire comme si ça n’existait pas

La tête ailleurs – haut vers les étoiles

Déguster un amour neuf – le voilà

Large comme au cinéma la toile

 

La tête ailleurs – haut vers les étoiles

Pourtant au compteur les morts défilent

Large comme au cinéma la toile

Concilier les mondes ? Pas facile

 

Pourtant au compteur les morts défilent

Elle enfle, l’angoisse planétaire

Concilier les mondes ? Pas facile

Tandis que chacun chez soi se terre

 

Elle enfle, l’angoisse planétaire

Et le grèbe s’en fout, lui : il plonge

Tandis que chacun chez soi se terre

S’échappe peut-être par les songes

 

Et le grèbe s’en fout, lui : il plonge

A l’air des poumons s’accrochent : reste !

S’échappe peut-être par les songes

Oui, notre siècle connaît sa peste

 

A l’air des poumons s’accrochent : reste !

Certains hackeurs prennent ça pour un jeu

Oui, notre siècle connaît sa peste

Ici et là, pourrait-on être heureux ?

 

Certains hackeurs prennent ça pour un jeu

On avancerait ainsi, pas à pas ?

Ici et là, pourrait-on être heureux ?

Faire comme si ça n’existait pas

 

Odile Cornuz / 26.3.20

 

Pantoum / 25

 

Le vent vient de se présenter
Il choisit toutes les senteurs
Les miasmes vont se disperser
Mais il nous apporte la peur

 

Il choisit toutes les senteurs
Du sable et plein de soleil
Mais il nous apporte la peur
Nous ne serons jamais pareils

 

Du sable et plein de soleil
Tout a changé dès aujourd’hui
Nous ne serons jamais pareils
Pourquoi avoir peur de la nuit

 

Tout a changé dès aujourd’hui
Notre beau ciel a disparu
Pourquoi avoir peur de la nuit
Même si la mort s’est montrée nue

 

Notre beau ciel a disparu
Mais l’espoir restera un miroir
Même si la mort s’est montrée nue
Demain, elle ne sera plus noire

 

Mais l’espoir restera un miroir
Chacun de nous aura sa chance
Demain, elle ne sera plus noire
Et nous finirons par des danses

 

Chacun de nous aura sa chance
Les miasmes vont se disperser
Et nous finirons par des danses
Le vent vient de se présenter

 

Remy Degen / 26.3.20

 

Pantoum / 24

 

enfermé dans sa cabane

la porte bien fermée à clé

au loin passe la caravane

transport de moult sacs de blé

 

la porte bien fermée à clé

va pense c’est un grand défi

transport de moult sacs de blé

si seulement j’avais mon képi

 

va pense c’est un grand défi

je n’ veux pas être en retard

si seulement j’avais mon képi

et puis où trouver du bon lard

 

je n’veux pas être en retard

on entend déjà le hibou

et puis où trouver du bon lard

je mange rarement du chou

 

on entend déjà le hibou

il chasse même le pervers

je mange rarement du chou

qui préfère à la prose le vers

 

il chasse même le pervers

regarde l’heure il est tard

qui préfère à la prose le vers

il n’est pas dupe le renard

 

regarde l’heure il est tard

au loin passe la caravane

il n’est pas dupe le renard

enfermé dans sa cabane

 

Gerold Ehrsam / 26.3.20

 

Pantoum / 23

 

On aimerait tant se revoir

pouvoir se prendre dans les bras

se toucher s’embrasser, se voir

mais désormais on ne peut pas.

 

Pouvoir se prendre dans les bras

se parler entre quatre yeux

mais désormais on ne peut pas

ça va rester un ardent vœu.

 

Se parler entre quatre yeux

se dire bonjour ou salut

ça va rester un ardent vœu

mais désormais on ne peut plus.

 

Se dire bonjour ou salut

ou juste se dire au revoir

mais désormais on ne peut plus

il faut tout miser sur l’espoir

 

ou juste se dire au revoir.

Une coutume devient vœu

il faut tout miser sur l’espoir

pourvu qu’il n’y ait pas d’adieu.

 

Une coutume devient vœu

besoin, envie et même salut

pourvu qu’il n’y ait pas d’adieu

dans cette vie de reclus.

 

Besoin, envie et même salut

faim de vie et faim d’espoir.

Dans cette vie de reclus

on aimerait tant se revoir.

 

Walter Rosselli / 26.3.20

 

Pantoum / 22

 

Sur l’agenda papier tout est tracé

Festivités et rendez-vous – holà

D’autres listes sont alors griffonnées

Dispositions anticipées : voilà

 

Festivités et rendez-vous – holà

Que se passera-t-il après ma mort ?

Dispositions anticipées : voilà

Et vous, que feriez-vous de votre corps ?

 

Que se passera-t-il après ma mort ?

Les cerisiers seront bientôt en fleurs

Et vous, que feriez-vous de votre corps ?

Comment faudrait-il retenir les pleurs ?

 

Les cerisiers seront bientôt en fleurs

L’enfant résout un problème de maths

Comment faudrait-il retenir les pleurs ?

Eh quoi ! Ce serait donc échec et mat ?

 

L’enfant résout un problème de maths

Aplatir des courbes, bon sang, c’est dur !

Eh quoi ! Ce serait donc échec et mat ?

L’air des poumons de mon rêve était pur

 

Aplatir des courbes, bon sang, c’est dur !

Que pullulent les messages d’espoir !

L’air des poumons de mon rêve était pur

Remuez vos idées et vos tiroirs !

 

Que pullulent les messages d’espoir !

Courage à ceux qui doivent nous soigner

Remuez vos idées et vos tiroirs !

Sur l’agenda papier tout est tracé

 

Odile Cornuz / 25.3.20

 

Pantoum/ 21

 

Le mur de la cuisine est recouvert

J’ai craqué il y’a des dessins partout

Et nos enfants n’en ont pas trop souffert

Ils ont ajouté des tracés papous

 

J’ai craqué il y’a des dessins partout

Même sur la commode en acajou

Ils ont ajouté des tracés papous

Et leur papa invente un haïku

 

Même sur la commode en acajou

Heureusement qu’on l’a notre bazou !

Et leur papa invente un haïku

Son français est canadien du Poitou

 

Heureusement qu’on l’a notre bazou !

Et là on a un sacré bon atout

Son français est canadien du Poitou

On invente une langue, on est zoulous

 

Et là on a un sacré bon atout

On peine à oublier qu’y’en a qu’ont la toux

On invente une langue, on est zoulous

Y’a pas d’frontières c’est l’infini bagout

 

On peine à oublier qu’y’en a qu’ont la toux

On est pris mais là c’est ouvert : verrou?

Y’a pas d’frontières c’est l’infini bagout

On devrait peut-être creuser un grand trou

 

On est pris mais là c’est ouvert : verrou?

Un trou pour voir le cœur de la terre

On devrait peut-être creuser un grand trou

Le mur de la cuisine est recouvert

 

Orélie Fuchs/ 25.3.20

 

Pantoum / 20

 

Boire l’apéro comme si de rien n’était
Pas de souci la cave est bien fournie
On peut tenir sans doute jusqu’à l’été
Mais que faire de cette nouvelle vie

 

Pas de souci la cave est bien fournie
Ecouter des polyphonies corses
Mais que faire de cette nouvelle vie
Cette musique me remplit le torse

 

Ecouter des polyphonies corses
En faisant marcher le balai brosse
Cette musique me remplit le torse
Frotter briquer éloigne les féroces

 

En faisant marcher le balai brosse
Soleil couchant état d’âme en attente
Frotter briquer éloigne les féroces
Merle chantant contraste de détente

 

Soleil couchant état d’âme en attente
Un signe un geste pour aller vers l’espoir
Merle chantant contraste de détente
Un verre à distance pour sortir du noir

 

Un signe un geste pour aller vers l’espoir
Des tâches pour ne pas réfléchir penser
Un verre à distance pour sortir du noir
Tout faire pour tenter de s’échapper

 

Des tâches pour ne pas réfléchir penser
Plonger dans la musique et écouter
Tout faire pour tenter de s’échapper
Boire l’apéro comme si de rien n’était

 

Nicolette Ostrini / 25.3.20

 

Pantoum / 19

 

On a vu la première hirondelle

Des bébés naissent à domicile

Sur les balcons tournent les crécelles

Chez eux les vieux ne bougent pas un cil

 

Des bébés naissent à domicile

Cours en tous genres sont à distance

Chez eux les vieux ne bougent pas un cil

Il faut sortir chercher sa pitance

 

Cours en tous genres sont à distance

Cela me manque de n’embrasser plus

Il faut sortir chercher sa pitance

Certains poumons n’en sont pas revenus

 

Cela me manque de n’embrasser plus

Ce con de virus a eu Dibango

Certains poumons n’en sont pas revenus

Lui qui soufflait si bien dans son saxo

 

Ce con de virus a eu Dibango

Le monde manque de chrysanthèmes

Lui qui soufflait si bien dans son saxo

Rien ne sera du pareil au même

 

Le monde manque de chrysanthèmes

Pourtant le soleil est toujours poudré

Rien ne sera du pareil au même

Et l’avenir de nos enfants, doré ?

 

Pourtant le soleil est toujours poudré

J’aimerais la vie simplement belle

Et l’avenir de nos enfants, doré ?

On a vu la première hirondelle

 

Odile Cornuz / 24.3.20

 

Pantoum / 18

 

Sous la fenêtre dans mes pantoufles

Est-ce un piège ou une énigme ?

Je suis parcourue de souffles

Feu dans le ventre : borborygmes ?

 

Est-ce un piège ou une énigme ?

J’imagine des mots parallèles

Feu dans le ventre : borborygmes ?

Le regard est-il personnel ?

 

J’imagine des mots parallèles

J’appelle les renards ambulants

Le regard est-il personnel ?

J’appelle le rêve, qu’il soit brûlant !

 

J’appelle les renards ambulants

Je laisse revenir les absents

J’appelle le rêve, qu’il soit brûlant !

Je ferme ses yeux de safran

 

Je laisse revenir les absents

Maman j’trouve qu’tu sens l’jambon

Je ferme ses yeux de safran

Et j’imagine qu’suis un bonbon

 

Maman j’trouve qu’tu sens l’jambon

D’ailleurs à propos l’homme est-il bon ?

Et j’imagine qu’suis un bonbon

Que faut-il lire sur les fronts ?

 

D’ailleurs à propos l’homme est-il bon ?

Il paraît qu’il meurt de faim

Que faut-il lire sur les fronts ?

Les fronts d’où s’échappe la fin

 

Il paraît qu’il meurt de faim

Je te serre fort je t’emmitoufle

Les fronts d’où s’échappe la fin

Sous la fenêtre dans mes pantoufles

 

Orélie Fuchs / 24.3.20

 

Pantoum / 17

Parasol vert pétant abandonné
Et tout paraît figé au fond de tout
Tapis zébré en teinte citronnée
On n’observe que du vide partout

Et tout paraît figé au fond de tout
Trottoirs espaces et parcs nous désertent
On n’observe que du vide partout
Ambulanciers sans répit en alerte

Trottoirs espaces et parcs nous désertent
Sait-on encor comment se saluer
Ambulanciers sans répit en alerte
On vit de bord en bord éberlué

Sait-on encor comment se saluer
Qui veut aller jouer sur la terrasse
On vit de bord en bord éberlué
Tu vois ce n’est plus que le temps qui passe

Qui veut aller jouer sur la terrasse
Avec qui peut-on à présent parler
Tu vois ce n’est plus que le temps qui passe
Si nos mots ne se font plus que danger

Avec qui peut-on à présent parler
Mes lèvres cachées vos regards inquiets
Si nos mots ne se font plus danger
Douter que la distance nous défait

Mes lèvres cachées vos regards inquiets
Alors écrire ça vous le pouvez
Douter que la distance nous défait
Parasol vert pétant abandonné

 

Gilles F. Jobin / 24.3.20

 

Pantoum / 16

 

On en a vu bien d’autres, dira-t-on,

et si ça recommence on saura bien

user d’intelligence et de raison.

On est paré on n’a plus peur de rien.

 

Et si ça recommence on saura bien

comment s’y prendre pour en faire façon,

on est paré on n’a plus peur de rien.

Ça fait quand même deux générations.

 

Comment s’y prendre pour en faire façon ?

On avait cru que c’était du passé,

ça fait quand même deux générations,

est-ce étonnant qu’on ait tout oublié ?

 

On avait cru que c’était du passé

et l’on a fait de grands progrès depuis,

est-ce étonnant qu’on ait tout oublié ?

De nos jours nous avons d’autres soucis

 

et l’on a fait de grands progrès depuis,

tout est maîtrisé, suivi, contrôlé.

De nos jours nous avons d’autres soucis :

renouer avec la réalité.

 

Tout est maîtrisé, suivi, contrôlé,

mais revenons les pieds sur terre pour

renouer avec la réalité,

pour nous en sortir de ce mauvais tour.

 

Mais revenons les pieds sur terre pour

retrouver l’équilibre et la mémoire,

pour nous en sortir de ce mauvais tour.

Retrouver le lien avec notre Histoire.

 

Retrouver l’équilibre et la mémoire.

De nous en sortir, nous sommes capables.

Retrouver le lien avec notre Histoire.

L’humanité n’est pas invulnérable.

 

De nous en sortir, nous sommes capables,

pourtant, de nouveau, oubliera-t-on ?

L’humanité n’est pas invulnérable.

On en a vu bien d’autres, dira-t-on.

 

Walter Rosselli / 24.3.20

 

Pantoum / 15 (en indonésien)

 

Di tengah hutan, burung tetap terbang
Kasus pertama di Ambon, sudah
Anak-anak masih berenang
Seperti tidak jauh dari wabah

Kasus pertama di Ambon, sudah
Masyarakat, pagi, ke pasar
Seperti tidak jauh dari wabah
Kenapa tidak ke luar

Masyarakat, pagi, ke pasar
Di bakau seekor buaya
Kenapa tidak ke luar
Mau lihat apakah bahaya

Di bakau seekor buaya
Seperti kupu-kupu
Mau lihat apakah bahaya
Orang-orang agak bisu

Seperti kupu-kupu
Bapak, Ibu, jangan menghalang
Orang-orang agak bisu
Dengar, pikir, kemudian bilang

Bapak, Ibu, jangan menghalang
Dalam laut hiu tertawa
Dengar, pikir, kemudian bilang
Tidak mudah, jangan buta

Dalam laut hiu tertawa
Semoga situasi ini cepat baik
Tidak mudah, jangan buta
Tak bisa hanya memantik

Semoga situasi ini cepat baik
Menjauhi dari penyakit
Tak bisa hanya memantik
Kapan Tanah Air bangkit

Menjauhi dari penyakit
Ayo, ke rumah, pulang
Kapan Tanah Air bangkit
Di tengah hutan, burung tetap terbang

 

Loïc Degen / 23.3.20

 

Pantoum / 14

 

Soixante morts annoncés hier au soir

Ce matin c’est le flip et tout pèse

Même se regarder dans un miroir

Nulle part où je me sente à l’aise

 

Ce matin c’est le flip et tout pèse

Sais-tu comment élargir le présent ?

Nulle part où je me sente à l’aise

Comment secouer ce poids écrasant ?

 

Sais-tu comment élargir le présent ?

Pétrir du pain, peut-être, l’essentiel

Comment secouer ce poids écrasant ?

Sortir les graines de l’escarcelle

 

Pétrir du pain, peut-être, l’essentiel

Fredonner toujours « Déjeuner en paix »

Sortir les graines de l’escarcelle

Calmer les tremblements et leurs effets

 

Fredonner toujours « Déjeuner en paix »

Faire et défaire une moto Lego

Calmer les tremblements et leurs effets

Crier « y’en a marre ! » tout de go

 

Faire et défaire une moto Lego

S’asseoir, se lever, s’asseoir, se lever

Crier « y’en a marre ! » tout de go

Dessiner des poumons ensorcelés

 

S’asseoir, se lever, s’asseoir, se lever

Arrête, moineau, de broyer du noir !

Hop : ouvre les yeux, bras et pensées

Soixante morts annoncés hier au soir

 

Odile Cornuz / 23.3.20

 

Pantoum / 13

 

Vaincre la mort pour l’infini

Transhumanistes des technosciences

On vit pourtant l’épidémie

En prise avec notre patience

 

Transhumanistes des technosciences

C’est l’air qui manque à plein poumon

En prise avec notre patience

Qu’a-t-elle donc pu, votre raison?

 

C’est l’air qui manque à plein poumon

La toux se mêle aux chants d’oiseaux

Qu’a-t-elle donc pu, votre raison

La volonté en oripeau

 

La toux se mêle aux chants d’oiseaux

Et ton visage est à l’écran

La volonté en oripeau

Je me demande si j’aurai l’cran

 

Et ton visage est à l’écran

J’me dis c’est pas pour toute la vie

Je me demande si j’aurai l’cran

Je dis à demain, Téléphonie

 

J’me dis c’est pas pour toute la vie

Qu’on aime quelqu’un avec ivresse

Je dis à demain, Téléphonie

Je t’envoie toute ma tendresse

 

Qu’on aime quelqu’un avec ivresse

C’est un virus qui vous l’a dit

Je t’envoie toute ma tendresse

Vaincre la mort, c’est pas fini

 

Mélisende Navarre / 23.3.20

 

Pantoum / 12

 

Garder ses amis malgré la distance

Des horaires et des habitudes à prendre

Voilà un drôle de souvenir d’enfance

Nouvelle période, nouvelle manière d’apprendre

 

Des horaires et des habitudes à prendre

Plus de temps passé les cinq en famille

Nouvelle période, nouvelle manière d’apprendre

Les émotions changent, tournent comme des toupies

 

Plus de temps passé les cinq en famille

Profiter de tout ce qui nous entoure

Les émotions changent, tournent comme des toupies

Dans son sac la nature a plus d’un tour

 

Profiter de tout ce qui nous entoure

Prendre des nouvelles, appeler nos proches

Dans son sac la nature a plus d’un tour

Trouver plein d’astuces dans sa p’tite caboche

 

Prendre des nouvelles, appeler nos proches

Tout est prétexte à envoyer des mails

Trouver plein d’astuces dans sa p’tite caboche

Pour garder nos cœurs avec leurs deux ailes

 

Tout est prétexte à envoyer des mails

La télé-école est une expérience

Pour garder nos cœurs avec leurs deux ailes

Garder ses amis malgré la distance

 

Tessa Panza / 23.3.20

 

Pantoum / 11

 

Des millions de personnes confinées

Un enfant dessine un raton-laveur

Des centaines de poumons intubés

Tiens je pourrais passer l’aspirateur

 

Un enfant dessine un raton-laveur

Des piles de livres sont à lire

Tiens je pourrais passer l’aspirateur

Moins ou plus ou plus ou moins à dire

 

Des piles de livres sont à lire

S’électrise la santé mentale

Moins ou plus ou plus ou moins à dire

L’incertitude nous rend bancale

 

S’électrise la santé mentale

Plus ou moins ou moins ou plus à faire

L’incertitude nous rend bancale

L’hôpital baigne en pleine lumière

 

Plus ou moins ou moins ou plus à faire

Générations en équilibre – oui

L’hôpital baigne en pleine lumière

Certaines se battent fort pour la vie

 

Générations en équilibre – oui

Cette crise serait opportune ?

Certaines se battent fort pour la vie

Envie de s’envoler pour la lune

 

Cette crise serait opportune ?

Je ne rejoins mes proches qu’en pensées

Envie de s’envoler pour la lune

Des millions de personnes confinées

 

Odile Cornuz / 22.3.20

 

(presque) Pantoum / 10

 

G  u  i  t  a  r  e

S  a  x  o

V  i  o  l  o  n

H  a  u  t  b  o  i  s

 

S  a  x  o

M  e  z  z  o

H  a  u  t  b  o  i  s

A  l  t  o

 

M  e  z  z  o

T  e  n  o  r

A  l  t  o

S  o  p  r  a  n  e

 

T  e  n  o  r

D  o  l  c  e

S  o  p  r  a  n  e

F  o  r  t  e

 

D  o  l  c  e

P  r  e  s  t  o

F  o  r  t  e

L  a  r  g  o

 

P  r  e  s  t  o

S  a  l  s  a

L  a  r  g  o

R  e  g  g  a  e

 

S  a  l  s  a

T  r  i  o

R  e  g  g  a  e

D  u  o

 

T  r  i  o

J  a  z  z  e  r

D  u  o

C  h  a  n  t  e  r

 

J  a  z  z  e  r

S  u  r  v  i  v  r  e

C  h  a  n  t  e  r

R  e  v  i  v  r  e

 

Gilles F. Jobin / 22.3.20

 

Pantoum / 9

 

On pensait pas y arriver

À freiner ainsi des deux pieds

La vie reprend dans la nature

Tant qu’on se terre sous nos toitures

 

À freiner ainsi des deux pieds

À plus pouvoir tergiverser

Tant qu’on se terre sous nos toitures

Le monde respire un air plus pur

 

À plus pouvoir tergiverser

On va apprendre à s’entraider

Le monde respire un air plus pur

Une rude épreuve pour nos structures

 

On va apprendre à s’entraider

Faut revoir nos priorités

Une rude épreuve pour nos structures

On sait ce que chacun endure

 

Faut revoir nos priorités

Si ça nous rendait plus mature

On sait ce que chacun endure

On pensait pas y arriver

 

Sabine Dormond / 22.3.20

 

Pantoum / 8

 

La ville comme un Monopoly

Où y’a plus grand chose à jouer

Sauf peut-être vraiment la vie

A neuf heures pile lancer de bouées

 

Où y’a plus grand chose à jouer

On compte sur nos mains tous nos plis

A neuf heures pile lancer de bouées

Et toutes nos billes vers l’infini

 

On compte sur nos mains tous nos plis

Dans le quatre pièces qu’on a loué

Et toutes nos billes vers l’infini

On se s’rait cru à la télé

 

Dans le quatre pièces qu’on a loué

J’ai cru qu’on s’était envolé

La lumière crue avait joué

On était tout auréolé

 

J’ai cru qu’on s’était envolé

On était grives et étourneaux

On était tout auréolé

Et j’ai pensé à un radeau

 

On était grives et étourneaux

On lançait des « Et toi, ça va ? »

Et j’ai pensé à un radeau

Je n’aurais pas cru être là

 

On lançait des « Et toi, ça va ? »

Dans les quatre murs des hôpitaux

Je n’aurais pas cru être là

Parfois sont noirs les rideaux

 

Dans les quatre murs des hôpitaux

Le docteur matait nos gâteaux

Parfois sont noirs les rideaux

J’ai bien pensé à ce tableau

 

Le docteur matait nos gâteaux

Après deux temps c’était la nuit

J’ai bien pensé à un tableau

La ville comme un Monopoly

 

Orélie Fuchs / 21.3.20

 

Pantoum / 8 bis

 

La ville comme un Monopoly

Où y’a plus grand chose à jouer

Sauf peut-être vraiment la vie

A neuf heures pile lancé de bouées

 

Dans le quatre pièces qu’on a loué

On compte sur nos mains tous nos plis

On y voyage, on fait rouler

Toutes nos billes vers l’infini

 

Un jour j’ai sorti l’bikini

J’ai même pris le Ukulélé

Et alors là qu’est c’qu’on a ri

On s’est presque cru à la télé

 

On a pleuré on s’est souri

J’ai cru qu’on s’était envolé

Après deux temps c’était la nuit

Elle était tout auréolée

 

Le bonheur on l’a pas volé

Mais le matin on ressemblait

On n’a pas vraiment rigolé

A des oiseaux pris dans l’filet

 

Alors tout le monde m’a dit s’te’plaît

Fais-nous mille crêpes à gogo

Et quand les ventres étaient replets

On a trouvé ça rigolo

 

De tout poser dans l’lavabo

De penser que dans le frigo

C’est le docteur qui f’sait le beau

A mater là tous nos gâteaux

 

Car de l’autre côté du tableau

Dans les quatre murs des hôpitaux

Sans l’réconfort de leurs marmots

Parfois sont noirs les rideaux

 

Alors pour voir encore le beau

En cuisant les crêpes je m’évade

La cuillère en bois pas malade

Y’a le docteur dans le frigo

 

Orélie Fuchs / 21.3.20

 

Pantoum / 7

 

Pas plus de cinq dans l’espace public

Une cigogne ne fait que passer

L’exponentielle courbe statistique

Des graphiques t’affolent, monde entier

 

Une cigogne ne fait que passer

Rester chez soi serait donc l’antidote

Des graphiques t’affolent, monde entier

Tu te sens planquée comme une idiote

 

Rester chez soi serait donc l’antidote

Divers gags vidéo se diffusent

Tu te sens planquée comme une idiote

Tandis que ta tasse de thé infuse

 

Divers gags vidéo se diffusent

A tue-tête ça chante à tous balcons

Tandis que ta tasse de thé infuse

Tu aimerais en faire plus, c’est con

 

A tue-tête ça chante à tous balcons

Règle de distance : deux mètres, oui

Tu aimerais en faire plus, c’est con

Certains poumons se voient d’eau envahis

 

Règle de distance : deux mètres, oui

L’héroïsme change de texture

Certains poumons se voient d’eau envahis

Les floraisons égaient la nature

 

L’héroïsme change de texture

Ne pas céder, please, à la panique

Les floraisons égaient la nature

Pas plus de cinq dans l’espace public

 

Odile Cornuz / 21.3.20

 

Pantoum / 6

 

Applaudissements, sOUFfle d’humanité

Sauver, maintenir le lien, à distance

Loin, les va-et-vient, vie de la cité

Parenthèse miens&autosuffisance

 

Sauver, maintenir le lien, à distance

En temps troublés, brouillard sur les réseaux

Parenthèse miens&autosuffisance

Par la fenêtre on apprend les oiseaux

 

En temps troublés, brouillard sur les réseaux

En attente, les mots dans les limbes perdus

Par la fenêtre on apprend les oiseaux

Bon sang de bois j’ai bien été mordue !

 

En attente, les mots dans les limbes perdus

Souci légitime de souffrir l’oubli

Bon sang de bois j’ai bien été mordue !

Âpre sentiment que celui de l’ennui

 

Souci légitime de souffrir l’oubli

Repères incertains, terre meuble sous nos pieds

Âpre sentiment que celui de l’ennui

Nouvelle perception, sens renouvelés

 

Repères incertains, terre meuble sous nos pieds

Bouée, main courante, embrasse mes parents

Nouvelle perception, sens renouvelés

Maintenir le lien, ici, maintenant

 

Bouée, main courante, embrasse mes parents

En première ligne d’un printemps échoué

Maintenir le lien, ici, maintenant

Applaudissements, sOUFfle d’humanité

 

Florence Panza / 21.3.20

 

Pantoum / 5

 

Tout début commence par une fin

ta mort, ma vie, dit le prédateur

fin des haricots, début de la faim

fin de la proie, début des malheurs.

 

Ta mort, ma vie, dit le prédateur

ce n’est pas un choix, la mort ou la vie

fin de la proie, début des malheurs

la réalité : la bourse et la vie.

 

Ce n’est pas un choix, la mort ou la vie

garde ma bourse mais rends-moi ma vie

la réalité : la bourse et la vie

garde ta bourse, tu rendras ta vie.

 

Garde ma bourse mais rends-moi ma vie

de toute fin naît un nouveau début

garde ta bourse, tu rendras ta vie

ce sera la fin sans plus de début.

 

De toute fin naît un nouveau début

garde ta bourse, tu rendras ta vie

ce sera la fin sans plus de début

garde ma bourse mais rends-moi ma vie

 

Garde ta bourse, tu rendras ta vie.

la réalité : la bourse et la vie

garde ma bourse mais rends-moi ma vie

ce n’est pas un choix, la mort ou la vie.

 

La réalité : la bourse et la vie

fin de la proie, début des malheurs

ce n’est pas un choix, la mort ou la vie

ta mort, ma vie, dit le prédateur.

 

Fin de la proie, début des malheurs

fin des haricots, début de la faim

ta mort, ma vie, dit le prédateur.

Tout début commence par une fin.

 

Walter Rosselli / 21.3.20

 

Pantoum / 4

 

Respirer. C’est par là que tout commence.

Après avoir parasité une vie

le nouveau-né sort à l’air et se lance

dans un nouveau processus de survie.

 

Après avoir parasité une vie

le parasite cherche un nouvel hôte.

Dans un nouveau processus de survie

il le met à son profit, le ligote.

 

Le parasite cherche un nouvel hôte

afin d’aller et se multiplier

il le met à son profit, le ligote

qu’importe l’autre, il faut surtout gagner.

 

Afin d’aller et se multiplier

la Terre mère tombe dans l’oubli

qu’importe l’autre, il faut surtout gagner

le parasite veut chacun pour lui.

 

La Terre mère tombe dans l’oubli

elle surchauffe, elle étouffe, agonise

le parasite veut chacun pour lui

sauver la planète ou sauver sa mise ?

 

Elle surchauffe, elle étouffe, agonise

intoxiquée, exploitée, oubliée

sauver la planète ou sauver sa mise ?

N’aurait-elle pas le droit de respirer ?

 

Intoxiquée, exploitée, oubliée

la Terre mère de toute naissance

n’aurait-elle pas le droit de respirer ?

Respirer. C’est par là que tout commence.

 

Walter Rosselli / 21.3.20

 

Pantoum / 3

 

Nous vivons tous un étrange printemps

Des enterrements sur le mode express

Les pollens se déploient au gré des vents

Hormis le sauve-qui-peut, rien ne presse

 

Des enterrements sur le mode express

Les oiseaux pépient comme jamais

Hormis le sauve-qui-peut, rien ne presse

Nulle strie au ciel – non : plus aucun trait

 

Les oiseaux pépient comme jamais

Le monde en bascule, quel vertige

Nulle strie au ciel – non : plus aucun trait

De la terre se hissent des tiges

 

Le monde en bascule, quel vertige

Ta voix au téléphone m’apaise

De la terre se hissent des tiges

Que rien sur tes paupières ne pèse

 

Ta voix au téléphone m’apaise

Et nos fragilités se révèlent

Que rien sur tes paupières ne pèse

Pour certains poumons le sort est cruel

 

Et nos fragilités se révèlent

Qui donc n’aurait plus de quoi se torcher ?

Pour certains poumons le sort est cruel

Humez plutôt les solidarités

 

Qui donc n’aurait plus de quoi se torcher ?

Aurait-on mis notre terre à l’encan ?

Humez plutôt les solidarités

Nous vivons tous un étrange printemps

 

Odile Cornuz / 20.3.20

 

Pantoum / 2

Une coccinelle sur mon pied droit

Des morts dont on ne précise plus l’âge

Une enfant lance à l’eau des galets plats

Des appels répétés à être sages

 

Des morts dont on ne précise plus l’âge

Les cygnes en rut font claquer leurs ailes

Des appels répétés à être sages

On ne trouve plus de ce fameux gel

 

Les cygnes en rut font claquer leurs ailes

Ça flippe dans les bourses planétaires

On ne trouve plus de ce fameux gel

Dans certains poumons se raréfie l’air

 

Ça flippe dans les bourses planétaires

J’aimerais rire sans penser à rien

Dans certains poumons se raréfie l’air

Comment durablement créer du lien ?

 

J’aimerais rire sans penser à rien

D’aucuns hurlent : complot universel !

Comment durablement créer du lien ?

Pensant que quelqu’un tire des ficelles

 

D’aucuns hurlent : complot universel !

Certains promènent le chien du voisin

Pensant que quelqu’un tire des ficelles

Et le bout du tunnel, est-il si loin ?

 

Certains promènent le chien du voisin

Dans les cœurs affleure le désarroi

Et le bout du tunnel, est-il si loin ?

Une coccinelle sur mon pied droit

 

Odile Cornuz / 19.3.20

 

Pantoum / 1

Là sous mes yeux circulent des vivants

L’invisible remue certains poumons

Le calme règne pour qui a le temps

Des soignants s’épuisent, nous nous pâmons

 

L’invisible remue certains poumons

Les symboles et moi sommes déployés

Des soignants s’épuisent, nous nous pâmons

Quel choix de signes interpréter ?

 

Les symboles et moi sommes déployés

Toutes rumeurs circulent à foison

Quel choix de signes interpréter ?

Chacun ici pourrait perdre raison

 

Toutes rumeurs circulent à foison

J’aimerais glisser ma main dans la tienne

Chacun ici pourrait perdre raison

Que l’insouciance du toucher revienne

 

J’aimerais glisser ma main dans la tienne

Le printemps se pointe, bien peu farouche

Que l’insouciance du toucher revienne

Et le mot courage occupe les bouches

 

Le printemps se pointe, bien peu farouche

Je puise au fond de la sérénité

Et le mot courage occupe les bouches

Les pensées fusent dans la cité

 

Je puise au fond de la sérénité

Visant ce qui est – ou non – important

Les pensées fusent dans la cité

Là sous mes yeux circulent des vivants

 

Odile Cornuz / 18.3.20